Costa Rica : entre tourisme durable et énergie renouvelable…

Costa Rica : entre tourisme durable et énergie renouvelable…

La forêt luxuriante du Costa Rica.

Le Costa Rica, ça sonne bon le soleil et les vacances ! A l’évocation de ce nom, des images merveilleuses de plages nous viennent à l’esprit. Pour certains, d’ailleurs, le paradis ne devrait pas être très éloigné de ce qu’est le Costa Rica. Cela paraît d’autant plus vrai quand on sait que le pays, qui doit son nom à Christophe Colomb, est régulièrement surnommé la Suisse de l’Amérique centrale. Car, à l’instar de l’état helvète, ce petit pays ne possède pas d’armée. Et, en outre, il connaît une stabilité politique à faire jalouser nombre de ses voisins d’Amérique latine ; malgré l’imbroglio politique des dernières élections présidentielles.

Alors, avant tout, il faut bien admettre qu’il est difficile de parler de paradis lorsqu’un pays a près d’un quart de sa population vivant sous le seuil de pauvreté. Même si le Costa Rica possède l’un des PIB par habitant les plus élevés de la région, il doit encore résoudre des enjeux socio-économiques majeurs. Toutefois, il s’agit d’un pays exemplaire notamment dans deux domaines : le tourisme et l’énergie.

En matière de tourisme, le Costa Rica est une destination de choix et possède une biodiversité exceptionnelle, l’une des plus riches au monde. Le pays ne représente que 0,03 % des terres émergées de la planète, mais regroupe de 4 à 6 % de la biodiversité mondiale. Le mérite de ce pays est d’avoir su préserver sa faune et sa flore comme peu l’ont fait à travers le monde. Pour cela, le Costa Rica a placé près du tiers de son territoire en zones écologiques protégées en instaurant, entre autres, une multitude de réserves et de parcs nationaux.

Or, ce n’était pas gagné d’avance, car la déforestation a frappé durement le pays lors de la deuxième moitié du 20ème siècle, au profit du développement économique. Près de 80 % des forêts ont été détruites durant cette période. Mais le pays, qui a ancré dans la Constitution le droit de chaque citoyen à vivre dans un environnement sain, a depuis réagi et parvient à lutter efficacement contre les déforestations illégales, mais aussi contre les pilleurs des mers. L’état a notamment mis en place un programme innovant permettant de rémunérer les propriétaires privés de forêts ou de plantations forestières en échange de leurs actions de protection et de préservation de leur environnement. Ainsi, en décidant de placer sa nature exceptionnelle au centre des priorités du pays, le Costa Rica a attiré les touristes du monde entier. En 1985, 262 000 touristes ont visité le Costa Rica. En 2013, ils étaient plus de 2 millions (2 340 000) ! Le tourisme représente aujourd’hui 5 % du PIB du pays.

L’un des signes les plus visibles de la politique costaricienne en termes de tourisme durable est la multiplication des éco-lodges, mis en valeur par l’institut du tourisme local qui adjuge ou non un label de qualité à ces acteurs. Si vous avez le chance de voyager au Costa Rica et de loger dans un de ces éco-lodges, vous pourrez témoigner de cette attention portée à l’environnement (constructions préservant les arbres, meubles réalisés avec les arbres locaux, chauffe-eau solaires, utilisation de produits biodégradables, tri sélectif, composts, etc).

Un volcan au Costa Rica.

Le Costa Rica, c’est aussi l’une des politiques énergétiques les plus ambitieuses au monde. En mars, le pays a fait sensation en annonçant avoir utilisé uniquement de l’énergie renouvelable pendant 75 jours d’affilée. L’énergie provient à 80 % des quatre centrales hydroélectriques du pays, 12 % de la géothermie et le reste de l’éolien, de la biomasse et de l’énergie solaire. Bien entendu, tous les pays n’ont pas la situation géographique du Costa Rica qui, avec de fortes précipitations et la présence de volcans, permet de développer relativement facilement l’hydroélectricité et la géothermie. Mais comment reprocher au Costa Rica de capitaliser sur ses points forts ? C’est aux autres pays que revient le devoir de s’adapter à leurs propres territoires.

Alors que les grandes puissances internationales tentent difficilement d’unir leurs forces face au réchauffement climatique, un petit pays de 4 millions d’habitants est lui passé à l’action depuis bien longtemps. Et il y a fort à parier que ce petit pays passera très bientôt une année entière sans énergies fossiles. Comme quoi, certains sont bien entrés dans le 21ème siècle !