L’eau, l’enjeu du XXIème siècle ?

L’eau, l’enjeu du XXIème siècle ?

L’eau, un enjeu fort du XXIème siècle.

L’eau recouvre environ 70 % de la surface de la terre. Et pourtant, notre chère eau est bien partie pour être l’un des plus importants enjeux du XXIème siècle. En 2050, il est prévu que 45 % de la population mondiale vive dans une zone où l’eau sera en manque chronique. Et, même si les français sont censés être « épargnés » par ce fléau, du fait notamment des conditions climatiques et des infrastructures existantes, l’eau reste et restera un enjeu fort sur notre territoire également.

Quelle sera l’eau de demain ? Si certains d’entre vous ont eu la chance de regarder les excellents documentaires « Nestlé et le business de l’eau en bouteille » et « Water makes money« , alors la question ne vous semblera pas étrangère.  Si tel n’est pas le cas, cette question doit vous interpeller. En effet,  le modèle de l’accès à une eau potable bon marché  est un modèle qui pourrait devenir désuet, s’il ne l’est pas déjà devenu. D’abord, dans de nombreux pays émergents, l’accès à l’eau potable n’est pas une réalité. Près de 800 millions de personnes dans le monde n’y auraient toujours pas accès ! Leur seule solution : consommer une eau insalubre qui leur apportera des maladies (choléra, dysenterie, typhoïde, etc) ou alors payer une eau en bouteille qu’elle n’ont souvent pas les moyens d’acquérir ! Sans compter, aussi, que l’eau en bouteille est source de déchets colossaux. Mais cela n’est pas une fatalité : les pays concernés peuvent faire évoluer les choses. Par l’éducation et la sensibilisation aux problématiques de l’eau potable et, surtout, par la rénovation et la construction de réseaux de distribution d’eaux dignes de ce nom. Ainsi, en 20 ans, la proportion de la population du Vietnam ayant accès à l’eau potable est passée de 58 à 96 % !

L’un des autres enjeux forts liés à l’eau concerne justement le réseau de distribution de l’eau. Les villes de par le monde ont le choix entre gérer elles-mêmes leur eau ou recourir à des sociétés comme Veolia ou Suez par exemple, deux sociétés fleurons de la France à l’international. Le débat opposant le privé et le public est presque aussi vieux que le monde, nous ne le referons pas ici. Mais force est de constater que, sans tomber dans la caricature, l’attribution de la gestion de l’eau à des société privées a montré de nombreuses limites factuelles : augmentation du prix de l’eau, infrastructures vieillissantes non rénovées, soupçons d’entente sur les prix entre concurrents, etc. A l’inverse, les régies publiques ont prouvé leur intérêt en parvenant à maintenir un service de qualité à des prix moins chers.  Si l’on prend l’exemple de la ville de Paris, dont la gestion de l’eau est redevenue publique depuis plusieurs années, nous pouvons remarquer chaque jour la qualité de son eau.  Et ce n’est évidemment pas la seule ville en France ou dans le monde qui soit dans ce cas-là. La remise en question de la « privatisation » de l’eau renvoie à l’idée que l’eau n’est pas un produit comme un autre ; on ne peut pas en faire n’importe quoi.

Toutefois, restons réalistes : nous sommes déjà chanceux  en France de pouvoir se poser la question s’il faut une eau gérée par des sociétés privées ou une eau gérée en régie publique. Nous avons de fait et depuis longtemps des réseaux d’eau potable plutôt efficaces à des prix plus que raisonnables. Mais, même si cette question ne doit pas être occultée car elle est cruciale, souhaitons d’abord aux 800 millions de personnes à travers le monde qui n’ont pas accès à l’eau potable de se poser un jour la question.