Le recyclage des pneus usagés

Le recyclage des pneus usagés
Environ 60 000 tonnes de pneus devront être enlevées et valorisées d'ici à 2016.

Une décharge de pneus usagés.

Au début des années 2000, la France était encore, comme de nombreux pays à travers le monde, en retard sur le recyclage des pneus usagés. Puis, en 2002, un décret a changé le cours des choses. La règle édictée alors par le décret est simple : en France, chaque pneu usagé doit être recyclé.

A la suite du décret de 2002, les fabricants de pneumatiques vendant sur le territoire français se sont associés pour créer, sous l’égide de l’état, un organisme baptisé Aliapur. Aliapur a désormais pour mission d’organiser la filière de collecte et de recyclage des pneus usagés en France. Fini donc les vieilles décharges à pneumatiques ultra-polluantes à l’origine de plusieurs scandales dans le monde dont deux incendies au Québec (en 1990) et en Saône et Loire (en 2002) qui ont ravagé les nappes phréatiques et mis en danger la vie des hommes et des animaux avoisinants. Même si de nombreuses décharges illégales ont été découvertes depuis l’instauration du décret de 2002, les progrès en matière de recyclage des pneumatiques sont particulièrement saisissants.

A l’heure actuelle, les technologies de recyclage des pneus se multiplient et les acteurs de cette industrie rivalisent d’innovations. Alors, quels sont les débouchés ? Tout d’abord, les pneus usagés collectés peuvent tout simplement être rechapés ; c’est-à-dire que l’on remplace la bande de roulement usée par une neuve. Il faut bien entendu que le pneu soit dans un état d’usure acceptable. Si tel n’est pas le cas, alors les industriels doivent trouver une autre filière de valorisation du produit. Et là, le choix est de plus en plus large, du fait notamment de la composition des pneus en caoutchouc qui est un matériau aux propriétés très intéressantes pour de nombreuses applications.

Des granulats de pneumatiques usagés.

Ainsi, les pneus sont la plupart du temps transformés en granulats ou en poudre avant de devenir, selon les industriels, un mur anti-bruit, du gazon synthétique pour les terrains de foot ou de rugby, du combustible pour les cimenteries ou les chaufferies urbaines, des aires de jeux amortissantes pour  les enfants, des sous-couches pour les route ou du bitume, des murs anti-avalanche ou des murs anti-chute de pierres, des tapis ferroviaires ou des objets moulés comme par exemple des roulettes de chariots de supermarchés ! Il peut aussi être utilisé dans les aciéries, dans les exploitations agricoles ou dans les carrières…la liste est longue.

Mais, me direz-vous, est-il possible avec ces fameux pneumatiques usagés de réaliser des pneus de voiture ou de motos comme neufs, disponibles ici ? C’est justement ce à quoi travaille Michelin. Le mythique fabricant français de pneus a annoncé fin janvier 2014 qu’il collaborait avec plusieurs PME innovantes sur des procédés technologiques novateurs permettant de fabriquer des pneus neufs de qualité à partir de la valorisation de pneus usagés.

Il s’agit là d’une belle opportunité pour Michelin quand on connaît les tensions qui existent sur le marché des matières premières nécessaires à la fabrication de pneus neufs. Et pour l’industriel français, le potentiel est énorme. Car, chaque année dans le monde, le volume de pneus usagés atteint 17 millions de tonnes.

Ci-dessous, une vidéo de présentation de la filière par l’organisme Aliapur :

Billet sponsorisé.