Quand l’énergie hydrolienne devient réalité…

Quand l’énergie hydrolienne devient réalité…

Le fonctionnement d’une hydrolienne émergée. Source : Ouest France.

Les énergies renouvelables que sont le solaire photovoltaïque, l’éolien, la biomasse ou la géothermie ont une petite soeur. Il s’agit de l’énergie hydrolienne. Cette énergie est obtenue grâce à des turbines installées sous les mers qui génèrent de l’électricité à partir des courant marins. Alors que le photovoltaïque connaît une crise importante qui a engendré la disparition de plusieurs acteurs, et que l’éolien est soumis à de vives polémiques, l’énergie hydrolienne, elle, commence à se structurer.

DCNS, spécialiste français de la défense navale, a ainsi pris le contrôle de la start-up irlandaise OpenHydro. Certes, les investissements dans les énergies vertes ont diminué sur l’année 2012. Mais DCNS a décidé de faire confiance à ce secteur dans sa stratégie d’entreprise. Objectif : réaliser a minima un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros dans l’énergie hydrolienne à horizon 2025.

Si DCNS se fixe un objectif ambitieux, c’est que le marché de l’hydrolien est prometteur. La puissance exploitable de cette énergie est estimée à 90 GigaWatts dans le monde, soit l’équivalent d’environ 60 EPR (un EPR est un réacteur nucléaire de troisième génération). Par ailleurs, cette technologie est mieux perçue que l’éolien, car elle ne génère pas de pollution visuelle. Les turbines sont sous les mers, donc invisibles, et silencieuses (par contre, quid des animaux marins qui seraient confrontés à une turbine ?). Et, point capital, l’énergie hydrolienne serait compétitive d’après l’expérience des industriels du secteur.

Or, que cela soit en France ou à l’étranger, DCNS n’est pas seul sur le marché. Dans l’hexagone, des acteurs aussi importants qu’Alstom, par exemple, sont présents. Alstom a d’ailleurs racheté à Rolls Royce sa filiale dans les énergies hydroliennes nommée Tidal Generation Ltd. Il existe également des acteurs plus petits qui tentent de se démarquer par leur capacité d’innovation. Sabella (ex-HydroHélix) propose des solutions originales avec un système d’écrans de turbines posées sur le fond marin (voir illustration).

Hydrolienne de l’entreprise Sabella.

Autre acteur innovant : Tidalys, une entreprise qui se démarque car elle propose des hydroliennes innovantes, car flottantes. Dans ce cas, la pollution visuelle devient un handicap. Mais la technologie de Tidalys offre trois avantages majeurs par rapport à ses concurrents. Les hydroliennes flottantes sont tout d’abord beaucoup plus légères (120 tonne contre 1500 tonnes pour les hydroliennes en fond de mer). Ensuite, d’après leurs créateurs, ces hydroliennes profitent de manière optimale des courants marins qui sont plus forts en surface que dans le fond de la mer où ces courants rencontrent des obstacles. Enfin, la technologie mise au point par Tidalys est très compétitive, elle revient à 3 centimes d’euros le KiloWatt.

Comme nous pouvons donc le constater, les différents acteurs du marché de l’hydrolien fourbissent leurs armes. Les gros acteurs tels DCNS ou Alstom rachètent les petits, et les petits qui n’ont pas (encore) été racheté cherchent à se différencier par leurs capacités d’innovation. La « bataille » que se livrent ces acteurs devraient durer encore longtemps. Nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements de ce marché. Mais, bonne nouvelle pour l’ensemble des acteurs, l’état va leur donner un coup de pouce. Un appel à projet devrait prochainement être lancé.

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