Le vin bio est un succès, mais à quel prix ?

Le vin bio est un succès, mais à quel prix ?

Raisin d’un domaine viticole français.

Le vin bio, qui a toujours existé, revient aujourd’hui en force dans les verres des français. En 2011, un tiers des français aurait consommé du vin bio régulièrement ou de temps en temps, selon une étude Ipsos-SudVinBio. Ce marché est en progression et a atteint en 2011 un chiffre d’affaires de 359 millions d’euros.

Cet appétit des français pour le vin bio s’inscrit dans une tendance plus globale d’éco-consommation. Le respect de l’environnement joue un rôle de plus en plus important lors de l’achat de produits. Ce phénomène est très marqué dans le secteur agro-alimentaire de manière générale. En effet, alors même que la consommation alimentaire diminue, le marché du bio ne cesse d’augmenter. Il a doublé en 5 ans et devrait continuer à croître dans les prochaines années (toutefois à un rythme plus lent).

Le vin bio n’échappe donc pas à la tendance. Les producteurs de vin l’ont compris et ils sont de plus en plus nombreux à se convertir au bio. En un peu plus de 15 ans (de 1995 à 2011), les surfaces de vignes dédiées au bio sont passées de 4 800 à 62 000 hectares. Elles ont été multipliées par 12 sur ce laps de temps. Et la tendance s’accélère : de 2010 à 2011, les surfaces pour le bio ont augmenté de 21%. Même si ces dernières ne représentent actuellement « que » 7,4 % des surfaces viticoles françaises, force est de constater que ce segment prend une part de plus en plus importante dans le marché du vin.

Face à ce succès, il est raisonnable de se poser des questions sur la qualité du système de certification et de contrôle des exploitations. JP Géné, dans un billet sur Le Monde, rappelle que depuis 2009, les produits certifiés biologiques vendus en Europe ont la possibilité de contenir jusqu’à 0,9 % de résidus d’OGM. Alors, qu’en est-il de la certification des vins biologiques ? En 2012, une nouvelle réglementation est entrée en vigueur en Europe. Auparavant, seuls les raisins pouvaient être reconnus comme biologiques, d’où la mention « Vin issu de raisins de l’agriculture bio ». Désormais, le vigneron doit  aussi utiliser des techniques de vinification certifiées biologiques afin d’obtenir le label « Vin bio ».

Mais la qualité et l’efficacité de la réglementation ne fait pas l’unanimité. JP Géné constate que la réglementation européenne a « arrondi les angles ». Elle permet aux agriculteurs de vin bio d’utiliser des techniques de production et des dosages de sulfites (agent conservateur) qui se rapprochent de ceux utilisés pour les vins conventionnels. Par ailleurs, on se souvient qu’en avril 2012 une étude de 60 millions de consommateurs avait révélé que l’on pouvait trouver des traces de pesticides dans les vins dits biologiques. Cela s’expliquerait par la proximité des vignes conventionnelles avec les vignes biologiques.

Si des études et des observateurs continuent de remettre en cause la réglementation pour les vins bio, les consommateurs pourraient commencer à se poser des questions. Le secteur du vin bio a donc tout intérêt a haussé ses exigences et ses standards de production. L’appellation « Vin bio » doit être un gage de qualité, et non un slogan marketing galvaudé.

Ci-dessous, une vidéo montrant la réaction de certains vignerons bourguignons à propos de la nouvelle réglementation européenne :

 

Sources :

Le Monde

DDMagazine

CeriseClub

DirectGestion

ConsoGlobe

LSAConso

-France 3 Bourgogne (vidéo)

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