Biocarburants, solaire : focus sur l’aviation du futur

Biocarburants, solaire : focus sur l’aviation du futur

Les biocarburants, l’avenir de l’aviation ?

On le sait, les avions polluent. Ils polluent même beaucoup : CO2, monoxyde de carbone, dioxyde de soufre, oxyde d’azote, tout y passe ! Et cela est encore plus inquiétant lorsque l’on apprend qu’il est prévu que le trafic aérien explose d’ici à 2030. Raymond Benjamin, le secrétaire général de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), prévoyait en 2011 que le trafic passerait de 2,5 milliards de passagers pour  26 millions de vols aujourd’hui à 5 milliards de passagers et 50 millions de vols en 2030. Le trafic doublerait en 20 ans !

On comprend donc aisément les problèmes de pollution qui seraient engendrés par cette hausse massive du trafic aérien. Par conséquent, l’idée de trouver une alternative crédible au kérosène, issu du raffinage du pétrole, devient de plus en plus cruciale ; d’autant plus que les scientifiques font des paris sur la disparition prochaine du pétrole et que les prix de ce dernier risquent d’être soumis à de fortes tensions dans les années à venir.

Conscient des enjeux cités ci-dessus, certaines compagnies aériennes, ainsi que certains constructeurs, ont justement commencé depuis quelques années à développer des alternatives au kérosène. L’une des solutions phares testées actuellement est l’utilisation d’huile de friture recyclée. Cela peut paraître surprenant, mais pourtant ce type d’huile est une piste déjà bien avancée.

Ainsi, en 2011, Air France a testé un vol Toulouse-Orly défini comme « bio » grâce notamment à 50 % de carburant étant issu du recyclage d’huiles usagées. En avril 2012, c’est la compagnie australienne Air Qantas qui a réalisé son premier vol avec de l’huile de friture. Le vol a parcouru sans heurts 1400 kilomètres de Sydney à Adélaïde. Dernier exemple (mais il y en a d’autres) : en juin 2012, Air Canada a proposé un vol Toronto-Mexico avec, toujours, de l’huile de cuisson recyclée.

L’utilisation d’une huile recyclée permet de ne pas concurrencer l’agro-alimentaire comme le font les biocarburants de première génération. En considérant que les enjeux alimentaires seront de plus en plus importants à la vue de l’augmentation de la population mondiale, la non-concurrence de ce biocarburant vis-à-vis de l’alimentaire est une très bonne chose. Toutefois, il y a aujourd’hui un bémol. Les trois vols d’Air France, Qantas et Air Canada ont un point commun : ils ont utilisés à chaque fois 50 % de kérosène pour 50 % de biocarburant issu d’huiles usagées. De fait, il n’est pas possible actuellement de réaliser un vol avec 100 % de biokérosène. Autre frein à noter : les biocarburants sont à l’heure d’aujourd’hui 4 fois plus chers que le kérosène !

Mais, par ailleurs, l’huile recyclée n’est pas la seule alternative sur laquelle l’aviation s’est penchée. Il se trouve que la production de carburants issus de la synthèse de biomasse en est une autre. Là aussi les solutions peuvent paraître étonnantes : l’eucalyptus, la caméline (lin bâtard), les algues seraient très bien positionnés pour devenir la biomasse nécessaire à la production des biocarburants du futur. Même l’alcool serait une piste étudiée par les constructeurs et les compagnies !

L’avion Solar Impulse, volant grâce à l’énergie solaire.

Enfin, si les biocarburants ont l’avantage de pouvoir être utilisés dans les mêmes moteurs que le kérosène traditionnel, ils ne représentent pas la seule alternative. L’avion Solar Impulse, comme son nom l’indique, se sert lui de l’énergie du soleil pour voler. La solution solaire, parmi toutes les énergies possibles pour faire voler un avion, est la plus écologique. Mais, malgré les belles performances réalisées par Solar Impulse, cette solution est également la moins facile à mettre en place à grande échelle. Solar Impulse pèse seulement 1,6 tonnes, soit l’équivalent d’une voiture. Difficile donc d’imaginer que l’énergie du soleil soit suffisante pour un avion de type A320 qui, lui, peut peser de 40 à 50 tonnes … à vide.

En conséquence, on ne devrait pas de sitôt voir un avion Airbus ou Boeing volé à l’énergie solaire. Malgré tous les efforts des industriels de l’aéronautique, le vol commercial zéro carbone n’est pas encore pour demain…

Ci-dessous, voici la vidéo relatant le premier vol intercontinental de Solar Impulse : 

Sources :

Maxisciences

Pontransat

Le Figaro

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