Pour ou contre le nucléaire ? Pas si facile…

Pour ou contre le nucléaire ? Pas si facile…

Centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (source : EDF)

Le mot « nucléaire » fait peur. Il évoque Tchernobyl. Il évoque Fukushima. Des catastrophes aux conséquences dramatiques ; aussi bien au niveau humain qu’aux niveaux économique et écologique. D’où l’abandon progressif du nucléaire décidé par François Hollande.

Mais essayons d’oublier les catastrophes et tentons de traiter des enjeux du nucléaire en France de manière objective, et sous l’angle du développement durable. Pour rappel, le développement durable comporte trois volets : il s’agit d’encourager une croissance économique (1) qui respecte  les femmes et les hommes qui composent la société (2)  et l’environnement (3).

1. Le nucléaire, un secteur économique majeur

Tout d’abord, l’industrie du nucléaire est un secteur important de l’économie française (11,5 milliards d’euros générés en 2009) et mondiale. Lors des vingt prochaines années, des centaines de milliards d’euros de contrats vont tomber notamment dans les pays émergents, malgré Fukushima. Or, les industriels français comme Areva sont traditionnellement en bonne position sur les marché internationaux, même si aujourd’hui la concurrence devient plus rude (avec entre autres des concurrents chinois, coréens, américains ou russes). EDF est d’ailleurs le premier producteur d’électricité nucléaire de la planète. De son côté, Areva a installé dans le monde pour plus de 100 GW, soit, en 2009, le quart des installations planétaires. Le chiffre d’affaires d’Areva était de 8,9 millliards d’euros en 2011 et, en début d’année 2012, le carnet de commande de l’industriel atteignait 45,6 milliards d’euros ! Mais le nucléaire français, ce n’est pas seulement EDF et Areva, c’est aussi GDF Suez, Alstom, Vinci et de nombreux autres sous-traitants (notamment pour la maintenance des centrales).

2. Le nucléaire, l’un des plus importants employeurs de France

Début 2012, Areva enregistrait un carnet de commandes de 45,6 milliards d’euros.

Le secteur du nucléaire, en France, c’est environ 125 000 emplois directs, selon le cabinet PricewaterhouseCoopers. Toujours selon le cabinet, si l’on accumule les emplois directs, indirects et induits, on obtient un total de 410 000 emplois générés par l’industrie nucléaire, soit tout de même 2 % des emplois de l’Hexagone. Les 125 000 emplois directs représentent, eux, environ 4 % de l’emploi industriel en France. Or il se trouve que nous sommes dans une période où les politiques souhaitent ré-industrialiser la France. L’abandon du nucléaire entre en contradiction avec cette tendance. D’autant plus que le marché du nucléaire est amené à croître lors des prochaines années, tiré par les pays émergents. Ces derniers privilégient de fait le nucléaire, qui est capable de répondre à leurs besoins de plus en plus importants en énergie, tout en étant beaucoup moins polluant que les énergies fossiles (pétrole, charbon)…

3. Le nucléaire ne rejette pas de CO2

Justement, alors que les décideurs politiques de nombreux pays du monde cherchent à limiter les émissions de gaz à effet de serre, il est bon de rappeler que l’énergie nucléaire ne recrache pas de CO2. Ce qui est un argument de poids à l’heure actuelle. Toutefois, il est difficile de parler du nucléaire comme d’une énergie propre. En termes de gaz à effet de serre, le nucléaire est certes propre ; mais il engendre toutefois d’autres déchets : les fameux déchets nucléaires ou déchets radioactifs, dont l’enfouissement soulève encore de nombreux débats. Il est d’ailleurs de la responsabilité des industriels, mais aussi des politiques, de mettre au coeur de leurs priorités la gestion des déchets radioactifs, ainsi que la sûreté des centrales.

Par conséquent, les éléments visés ci-dessus me poussent à dire que l’arrêt du nucléaire français n’est pas une bonne chose. La filière nucléaire représente en effet un secteur économique très important, un secteur d’avenir, qui emploie directement et indirectement des centaines de milliers de français et qui ne recrache pas de gaz à effet de serre contrairement à ses concurrents que sont le charbon ou le pétrole… N’oublions pas non plus que le développement de l’énergie nucléaire, au même titre que le développement des énergies renouvelables, permet de devenir indépendant au plan énergétique. Quand on connaît le prix du baril pétrole actuel et la pression que peuvent exercer certains états fournisseurs de pétrole et de gaz au plan international, l’indépendance énergétique n’est pas un vain mot.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Pour ou contre le nucléaire ?

 

Sources :

PricewaterhouseCoopers

– Xerfi

Areva

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